Gilles : Face aux séquelles de l’AVC, La Ténacité et l’Endurance d’un Sportif pour reconquérir le Mouvement et reprendre la moto

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Ancien Pilote de Rallye Raid semi-professionnel, Gilles avait l’habitude des terrains hostiles
et des courses d’endurance. En novembre 2022, sa route a fait face à un obstacle de taille : un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) entraînant une hémiparésie sévère. Pourtant, là où d’autres verraient une fatalité,
Gilles a appliqué la méthode qui a fait son succès sur les pistes : la ténacité.
Lorsque nous avons débuté le programme de Rééducation Gestuelle en Ergothérapie en mars 2024,
l’autonomie était un défi quotidien. Mais c’était sans compter sur son mental de Sportif.
En transformant une rééducation parfois monotone et souvent  semée d’embûches en
une véritable compétition contre lui-même, il a su franchir chaque palier de progression.
Aujourd’hui, la main a retrouvé sa place dans son quotidien et, trois ans après l’AVC,
il a pu reprendre la moto, prêt à se lancer de nouveaux défis.
Le parcours de Gilles est véritablement inspirant car il illustre l’importance des qualités intrinsèques
développées par les Sportifs de Haut Niveau sur la récupération fonctionnelle.
La capacité à gérer, à la fois les phases de stagnation et aussi à maintenir un engagement constant
dans des exercices répétitifs, a été la clé de ses progrès. En réutilisant
les codes de la préparation mentale — Détermination, Patience, Régularité et Refus de la défaite —
il a su transférer ses limitations en objectifs. Son récit nous enseigne aussi que
la rééducation n’est pas seulement une affaire de technique médicale,
mais un engagement de chaque instant. Au-delà du sport de haut niveau,
Gilles nous montre que les ressources nécessaires pour reconquérir le mouvement
peuvent être en chacun de nous.  Que l’on soit sportif ou non, son parcours prouve qu’en
redevenant acteur de son propre corps, chaque petit progrès devient une victoire immense.
Pour mon plus grand plaisir de rééducatrice.

Le Témoignage de Gilles

Les sports d’aventure comme ADN

À 58 ans, l’équilibre de Gilles repose sur deux piliers : sa famille (en couple, il est papa de trois grands enfants) et un besoin vital de liberté. « J’ai toujours placé le rapport à la nature et l’aventure au cœur de ma vie » débute-il. Ancien moniteur de voile formé aux Glénans, Gilles aime l’adrénaline et les défis. D’ailleurs, c’est pour braver son vertige qu’il s’est lancé dans l’escalade et la spéléologie. « Je vis chaque projet avec une intensité totale : quand un sujet me captive, qu’il s’agisse de restaurer une mécanique complexe ou d’explorer de nouveaux horizons, je m’y investis sans compter et peux y passer des heures » poursuit-il.

L’appel du désert

Tout a commencé en 2007, presque par défi, à l’issue d’un déjeuner entre amis passionnés de moto tout terrain. « J’avais 41 ans, et ce jour-là, j’ai lancé l’idée de s’inscrire au ‘Raid de l’Amitié’ au Maroc. Je ne savais pas encore que ma vie allait prendre une dimension bien plus dense, ni que je m’apprêtais à vivre une véritable épreuve de force » raconte Gilles.
Ce premier rallye-raid est une révélation. Durant 15 jours, à raison de 120 km quotidiens, Gilles découvre l’enfer de la poussière et des chaleurs extrêmes frôlant les 50°C. Sur des pistes alternant cailloux et sable, chaque étape dure au moins huit heures. Seul en selle, sans copilote pour déchiffrer le roadbook, la vigilance doit être totale : il faut savoir naviguer, anticiper les pièges du relief et gérer une déshydratation constante malgré des réserves d’eau insuffisantes. Entre les chutes répétées, le désensablage épuisant de la machine et les sensations de brûlures au mollet dues à la proximité de l’échappement, le corps est mis à rude épreuve. Le soir, le bivouac devient un sanctuaire où les soins des kinésithérapeutes et des ostéopathes sont aussi essentiels que la convivialité de la buvette pour oublier les douleurs cervicales et la fatigue accumulée.
Au-delà de la fatigue mécanique, le rallye est une guerre d’usure contre l’organisme. Dans cet environnement hostile, la menace de la turista plane en permanence, transformant chaque étape en un défi de dignité et de résistance supplémentaire. Parmi les 100 à 150 pilotes qui s’élancent — mêlant motos, quads et autos — la solitude du guidon s’efface devant une solidarité vitale. Dans le milieu, on ne roule jamais vraiment seul : chaque pilote s’appuie sur son ‘porteur d’eau’. Ce coéquipier de l’ombre est un ange gardien qui, en cas de coup dur, sacrifie sa propre roue ou ses dernières réserves d’eau pour vous permettre de rallier l’arrivée.
Cette résilience sur la piste est le fruit de mois de discipline en amont. « Ma préparation ne laissait aucune place au hasard » raconte Gilles : des journées entières à ‘faire du chemin’ chaque week-end, complétées par l’exigence technique du VTT de descente pour affiner ses réflexes. Pour gainer ce corps malmené par les secousses, Gilles a suivi un programme de renforcement ciblé sur les abdominaux, les quadriceps, les épaules et les bras. Mais le vrai secret de la longévité réside dans l’invisible : un suivi médical de pointe. Sous l’œil d’un médecin du sport, chaque détail comptait, du bilan sanguin rigoureux jusqu’à l’examen dentaire, car sur un rallye-raid, la moindre faiblesse physique est une faille que le désert s’empresse d’exploiter.
Malgré cette rudesse, son corps a longtemps fait preuve d’une résilience hors norme. « Durant des années, j’ai traversé les dunes sans fracture ni blessure chronique, échappant même aux blessures classiques du pilote comme l’épicondylite » évoque l’ancien athlète. Il déplore seulement une luxation de l’épaule droite, souvenir d’une chute lors de son ultime rallye.
Ce rendez-vous avec le désert, Gilles l’honorait une fois par an. Il s’évadait notamment avec le Raid Passion Désert (SRA Assistance), une organisation à l’esprit plus familial mais aux chiffres toujours vertigineux : 3 600 km de pistes à travers l’immensité du Sahara Occidental. C’est selon lui bien plus qu’une course ; c’est une parenthèse de vie brute, un défi de 15 jours où l’on part chercher ses limites pour mieux revenir à l’essentiel. Ces milliers de kilomètres de sable et de cailloux ont forgé l’homme qu’il est aujourd’hui, préparant son esprit à mener, avec la même détermination, son combat actuel, celui de récupérer le maximum de ses capacités après un AVC.

Photo de Gilles lors d'une épreuve de rallye raid dans le désert du Sahara
Photo Souvenir dans les dunes du Sahara
Gilles sur sa moto lors d'une 24ème Raid de l'Amitié du 24 avril au 01 mai 2011
Photo de Gilles lors du 24ème Raid de l'Amitié Avril 2011
Gilles Sortie en moto sur les routes de l'Hérault
Photo prise lors d'une sortie moto dans l'Hérault

La trajectoire imprévue : l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

Le 25 Novembre 2022, aux alentours de 18h, la vie de Gilles bascule. Après une après-midi complice au salon de l’auto avec son fils Paul un signal brutal déchire le quotidien : « J’ai ressenti comme un coup de couteau violent dans la nuque en sortant de la douche. Et puis, le trou noir. » C’est le discernement de son fils, reconnaissant immédiatement les symptômes de l’AVC, qui permet d’alerter rapidement les secours. S’ensuit une véritable épreuve de survie. Après les soins intensifs et un passage au service de neurologie à l’hôpital — marqué par l’isolement d’un Covid contracté sur place — Gilles est ensuite transféré dans un Centre de Rééducation Neurologique, fin 2022. Il y restera plus d’un an.

Photo de Gilles lors de son hospitalisation au centre de rééducation Bourges après son AVC en 2023
Photo de Gilles en fauteuil roulant lors de son hospitalisation au Centre de Rééducation en 2023

La reconstruction : l’alliance du corps et de l’esprit

Dans ce nouvel environnement, l’adrénaline des pistes marocaines laisse place à une autre forme de densité humaine. « J’y suis resté un an. Ma vie a changé, entourée de soignants d’une empathie réelle. Je me suis senti pleinement compris et écouté.» se confie t-il. Le combat pour l’autonomie remplace alors le chronomètre. Il faut tout réapprendre : les transferts, la marche — un chemin de patience parcouru au côté de sa kinésithérapeute au centre de rééducation — et les gestes les plus élémentaires.

« Au début, je ne pouvais pas aller aux toilettes, prendre ma douche seul, manger seul et je bafouillais. J’avais beaucoup de pertes de mémoire, aucune concentration, des difficultés pour gérer la moindre activité. J’ai aussi souffert d’une héminégligence » ajoute t-il. Au début, la paralysie faciale entrave la parole et les repas. Les troubles cognitifs morcellent sa perception du monde. Alors que le retour à domicile est espéré, une mauvaise chute entraîne une fracture du col du fémur, prolongeant l’hospitalisation au centre de rééducation. Ce n’est que fin 2023 que Gilles retrouvera enfin son foyer. Fort d’une volonté forgée dans le sable du Sahara, il la met désormais au service de sa reconstruction.

Le retour à l’essentiel : une nouvelle victoire

Le retour à domicile marque le début d’une nouvelle étape. Pour accueillir son conjoint, Chrystelle, a veillé aux moindres détails pour sécuriser chaque geste. La famille a pu bénéficier des conseils d’un Ergothérapeute d’une EQLAAT pour réaménager la salle de bain.
Si la reprise de son poste de responsable en bureau d’études de voirie n’est plus envisageable, Gilles porte aujourd’hui un regard empreint de gratitude sur son parcours. « Malgré tout, je me sens comme un privilégié de la vie », confie-t-il. « Pouvoir encore réfléchir, partager des moments avec ma famille, retrouver le confort de mon foyer… c’est une chance immense ». Loin de l’immobilisme, il savoure des plaisirs qui semblaient perdus : marcher avec une canne, s’aventurer de nouveau dans son garage, et surtout, retrouver le vent de la liberté.

Le démarrage de nos séances d’Ergothérapie 

C’est à cette période qu’il débute l’ergothérapie libérale, une rencontre orchestrée par sa maman qui a découvert le cabinet via internet. «J’avais besoin de reprendre le contrôle de la main et plus largement de mon corps, mais aussi de la tête et de me donner toutes les chances de récupérer » livre-t-il. En février 2024, Gilles n’a pas retrouvé la fonctionnalité de son membre supérieur gauche, qui reste très spastique. Cela amène à une quasi-exclusion dans sa gestuelle de tous les jours. Son moral est véritablement impacté.
Au travers des séances hebdomadaires, un climat de confiance s’installe. Au-delà des exercices, c’est aussi un espace de parole où il se sent « redevenir quelqu’un ». Fidèle à son tempérament d’athlète, Gilles accepte l’exigence de la rééducation : la répétition et l’intensité, seules clés pour progresser. Malgré une fatigabilité persistante, ce tempérament hyperactif trouve son exutoire dans l’effort. « J’ai accepté, que pour pouvoir récupérer, il fallait que cela soit répétitif et intense. Je reste vite fatigable mais cela me fait du bien ajoute-t-il » Il accepte aussi de tester un protocole adapté de contrainte induite du membre supérieur autour de l’activité cuisine. Sa femme Chrystelle ou l’un de ses enfants Paul et Nina sont mis à contribution pour prendre une vidéo hebdomadaire dans laquelle on voit Gilles vider le lave -vaisselle (Réf article :https://reeducation-ergo-main.fr/la-therapie-par-contrainte-induite-du-mouvement-au-service-de-la-reeducation-de-lhemiparesie-une-approche-innovante-centree-sur-lautonomie-grace-a-lergotherapie-de-ville/ ).

Chassez le naturel, il revient au galop : l’ancien pilote de rallye n’a pas tardé à remonter en selle. Même si une seule main pouvait tenir le guidon avec assurance, Gilles a repris le vélo. Ses sorties de 18 kilomètres aller-retour jusqu’à la mer sont bien plus que de simples exercices physiques ; elles sont le symbole d’une autonomie à reconquérir et d’un esprit qui, malgré les tempêtes, refuse de cesser de rouler. Un avis Toxine Botulique est pris auprès du médecin spécialisé en Médecine Physique et de Réadaptation au centre de rééducation ;  l’objectif recherché étant d’améliorer l’ouverture séquentielle des doigts et l’extension du poignet afin de faciliter la prise sur le guidon et le levier gauche du frein avant. S’en suivent de nombreuses séances à travailler spécifiquement ces gestes en Ergothérapie.

Photo prise par Anne BARON lors d'une séance avec Gilles ayant pour objectif de travailler les préhensions
Exercice de préhension - Novembre 2025
Exercice de dosage - Juin 2025
Auto-rééducation et protocole TCIM-AEV
Protocole d'Auto-Rééducation à domicile - Avril 2024

La selle pour horizon : le retour de l’aventurier

Pour Gilles, la moto n’a jamais été qu’une simple machine, c’est une part de son identité. Dès que sa jambe gauche a pu supporter son poids, il a ressenti l’appel du garage. « Au début, je me contentais d’enjamber la moto à l’arrêt. Je restais assis, le casque sur la tête, pendant plusieurs minutes. Je fermais les yeux et je me projetais, imaginant le jour où je pourrai à nouveau tracer la route en « chevauchée sauvage » avec mes copains. » témoigne -t-il avec une profondeur émouvante.
Le printemps 2025 marque le retour de l’action. D’abord un essai sur le scooter de sa fille Nina, puis, en mai 2025, le grand test : remonter sur sa propre machine sous le regard de son fils. Paul. Malgré les doutes physiques et cognitifs — la vision, la coordination des mains et des pieds, la concentration — le pilote reprend ses marques. Aujourd’hui, les défis sont quotidiens et concrets : manœuvrer les 170 kg de la moto pour franchir la pente du garage est une victoire en soi. Mais Gilles voit déjà plus loin. Son cap est fixé : l’année 2026. Son rêve ? L’Écosse ou un endroit sauvage en Europe. Partir avec ses amis, enchaîner les kilomètres, dormir en gîte et retrouver ce goût de l’aventure, les bagages sanglés à l’arrière. « Je sais que je le ferai », affirme-t-il avec cette assurance de celui qui a déjà dompté le Sahara. Certes, il reste lucide. Bricoler dans son garage est une chose, réparer une chambre à air sur le bord d’une piste en est une autre. Mais dans ce nouveau défi, il n’est pas seul. Sa famille, autrefois inquiète, fait désormais bloc derrière lui. Son épouse, Chrystelle, rassurée par sa confiance retrouvée, l’encourage désormais dans ses rêves d’escapade. Ses enfants, Paul et Nina, eux-mêmes pratiquants de motocross, sont ses meilleurs alliés. Ils l’aident à fixer ses objectifs et partagent avec lui des moments de complicité mécanique dans ce « bureau-garage » devenu le quartier général de sa renaissance.

Photo de Gilles en vacances en février 2026
Gilles pendant ses vacances en Février 2026

Briser l’armure et avoir le courage d’être soi

Gilles tient à adresser un message à tous ceux qui, comme lui, ont vu leur vie basculer avec la survenue d’un AVC.  « Il est essentiel de garder espoir et d’être acteur de sa rééducation . Aujourd’hui je pense être revenu à 85% de mes capacités et je me donne l’objectif au minimum de 90%. J’arrive pratiquement à tout faire même si je suis plus lent ou  maladroit. Je retrouve progressivement un peu plus d’automatismes et de réflexes. Je ressens moins de tension, je récupère un peu plus de dextérité et j’apprends à courir ou à sauter. Il ne me manque pas grand-chose.  Aujourd’hui je tente des choses, j’expérimente de nouveau »
Pour lui, la guérison est un combat de chaque instant, une quête qui demande autant de courage que de patience. « Accrochez-vous, ne lâchez rien, car c’est la tête qui commande tout », conseille-t-il.
Depuis toujours, Gilles est fasciné par l’univers médiéval et la figure du chevalier. En y réfléchissant, il réalise que ses années de rallye-raid n’étaient qu’une version moderne de cette passion. Quand il enfilait ses genouillères, ses multiples protections – coxales,  pectorales, dorsale et cervicale – ou encore le casque, il ne se contentait pas de s’équiper : il revêtait son armure et cela lui procurait des sentiments de joie, de force et de fierté. Chaque étape dans le désert était une joute, chaque piste une terre inconnue à conquérir. Aujourd’hui, face à l’AVC, l’armure a changé de forme et c’est son propre corps qui a revêtu une carapace empreinte de lourdeur et souvent trop encombrante dont il a envie – cette fois-ci – de se délester. Il finit avec une citation qui fait sens pour lui désormais : « Au final, ce n’est pas la liberté qu’on revendique mais la liberté qu’on ressent ».
La rééducation, avec son objectif de retour à la santé et à l’autonomie, n’est qu’une autre forme de
« chevauchée », peut-être la plus noble de toutes. En gardant cette âme de chevalier, Gilles prouve que même si le corps est meurtri, la volonté, la joie de vivre et la force intérieure, elles, peuvent rester invincibles.

Voici une vidéo qui décrit le parcours de Gilles depuis son AVC de novembre 2022 à Mars 2026

Le point de vue de l’Ergothérapeute 

Accompagner Gilles est une expérience humaine profonde qui nourrit ma pratique professionnelle quotidienne. La souplesse du libéral en terme de temporalité, permet d’inscrire sa rééducation dans la durée.  Chaque  petite victoire ou reprise d’une activité significative est ainsi célébrée. Grâce à son passé d’athlète et à ma spécialisation en Sciences du Sport, nous avons dépassé la relation classique Thérapeute – Patient pour faire équipe face aux défis de la rééducation. Je me décris facilement comme une coach spécialiste de sa performance gestuelle. Gilles, lui, participe très activement en me faisant un retour précis de ses sensations motrices et sensorielles. A chaque séance, nous analysons le mouvement ou le geste comme un défi technique, transformant ses capacités intrinsèques en leviers de récupération. Si ce cadre est né d’un profil sportif, la méthode d’analyse et cette dynamique d’équipe Thérapeute-Patient sont des outils que je m’attache à proposer à chaque personne suivie au cabinet, car la conquête du mouvement est un défi universel. Aussi, il me semble important de revenir sur les compétences intrinsèques ou mentales décrites dans le Sport de Haut Niveau et qui sont des leviers essentiels dans la recherche de performance motrice en rééducation fonctionnelle.

Qualités intrinsèques développées par le sport au service de la rééducation

L’impact mental sur la récupération

Ces qualités sont essentielles car l’AVC entraîne non seulement des séquelles physiques mais aussi des troubles cognitifs et émotionnels (dépression, apathie, difficultés de concentration).
Le mental d’athlète aide à :

  1. Maintenir l’Adhésion au Programme : La rééducation après un AVC est souvent longue (plusieurs mois ou années). La motivation intrinsèque est le moteur principal pour éviter l’abandon.
  2. Activer la Neuroplasticité : La répétition intense et ciblée des exercices, alimentée par la volonté, est le principal facteur d’amélioration fonctionnelle post-AVC.
  3. Gérer l’Image Corporelle : Le sportif, habitué à la maîtrise de son corps, doit accepter un nouvel état. Les qualités de résilience et l’auto-efficacité (la croyance en sa capacité à réussir) facilitent cette acceptation et la reconstruction d’une nouvelle identité physique.

L’auto-discipline : le moteur de l’invisible

L’auto-discipline est ce qui permet de faire ses exercices quand l’ergothérapeute n’est pas là.

  • La solitude de l’effort : Que ce soit une séance de gainage à 6h du matin ou des exercices de mobilité conseillés par l’ergothérapeute dans son salon, le succès dépend de la capacité à s’imposer une rigueur sans surveillance.
  • La gestion des excuses : « Je suis fatigué », « Ça fait mal », « Je n’ai pas le temps ». Le patient-athlète doit apprendre à distinguer la douleur « signal d’alarme » de la douleur « d’effort » ou de « raideur ».
  • L’image mentale : Visualiser la guérison ou la victoire pour maintenir la discipline.

La régularité : la loi des petits pas

C’est ici que se joue la transformation biologique ou structurelle des tissus. Le corps ne change pas en une séance intense, mais par la répétition.

  • L’accumulation de « Volume » : En sport, on parle de charge d’entraînement. En rééducation, chaque répétition est une information envoyée au système nerveux pour recréer des connexions.
  • Le plateau de progression : La progression n’est jamais linéaire. Il y a des phases de stagnation. Seule la régularité permet de « casser » ces plateaux.
  • L’habitude plutôt que la motivation : La motivation est éphémère ; l’habitude (‘le brossage de dents mental’ des exercices) est ce qui mène au résultat.

La combativité : Le Mental face à l’adversité

La combativité n’est pas seulement l’agressivité, c’est la résilience face à la rechute ou à la douleur.

  • Le rapport à la douleur : Apprendre à ne plus subir, mais à agir. Transformer la frustration de la blessure en une énergie de travail.
  • L’esprit de compétition… contre soi-même : En rééducation, le « record personnel » peut être de saisir un objet ou de tendre le bras. C’est une victoire tout aussi héroïque qu’un podium de championnat.
  • L’acceptation du temps long : Être combatif, c’est aussi savoir ne pas abandonner quand les résultats tardent à venir. C’est le « grinta » du patient.

Conclusion : des qualités universelles à développer pour réussir sa rééducation

La rééducation est, au fond, l’entraînement le plus difficile qui soit, car l’enjeu est la qualité de vie. Celui qui réussit sa rééducation possède déjà toutes les qualités mentales d’un grand sportif.

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